• Ratio de dette sur Pib inférieur à 60 %
  • déficit des administrations publiques inférieur à 3 % du PIB
  • inflation ne dépassant pas de plus de 1,5 % la moyenne de l’inflation des 3 pays les plus performants
  • indépendance de la Banque centrale…

Qui se souvient des critères de Maastricht, devenus le 7 février 1991 les piliers d’un édifice européen qui demandait à la monnaie de commander le politique ?

Ces piliers de la bonne gestion des affaires publiques, ces fondations d’une monnaie forte dont le premier gouverneur Jean Claude Trichet parlait avec un lyrisme inhabituel, se sont effondrés sans laisser de traces. La crise bancaire américaine de 2008 exportée dans le monde entier, avait abouti au traité de stabilité, coordination et convergence de 2012, qui introduisait un peu de souplesse dans le dispositif, et permettait par exemple de suspendre temporairement l’application des critères et des sanctions liées à leur non-respect. Voilà qui a été bien utile à partir de 2020, quand tous les États membres ont dû faire face à la crise du COVID19 ! Mais voilà qui devrait poser bien des questions sur la future gestion de l’euro, sur la future conduite de la BCE, et plus encore, sur les dispositifs de sortie de crise qui seront appliqués par les différents États !

Voilà des questions qui ne sont pas posées, ouvertement du moins ; des questions pourtant qui expliquent l’attitude des pays dits « frugaux » lors des négociations sur le grand plan de relance européen, des questions qui taraudent une Allemagne toujours marquée par le souvenir des épisodes d’hyperinflation des années 20, et par le séisme politique qu’ils ont déclenché…

Le constat est impitoyable ; de ce qui était présenté par toute la classe politique européiste comme l’alpha et l’oméga de la bonne gestion des affaires publiques et de la monnaie, il ne reste rien. Enterrez Maastricht, nous vivons dans un autre monde ! C’est du moins ce que nous enseigne la « New Monetary Policy ». Reprenant à son compte la vieille idée selon laquelle les États ne peuvent pas faire faillite, adaptant à l’économie la leçon du vélo — tant qu’il roule, tout va bien ; c’est quand il ralentit et s’arrête que l’équilibre est compromis ! — et la résumant dans le sommaire «  keep moving moving ! », la NMP légitime l’hypercréation monétaire récente, la politique de taux bas, artificiellement et volontairement maintenus bas, au point que depuis dix ans, aucun des grands pays n’a connu de taux supérieurs à 2 %, ce qui est une exception historique et une anomalie économique de grande ampleur.

Le rapport entre quantité de monnaie émise, niveau des prix et activité est l’un des marronniers de la science économique, ou de ce qui se fait passer pour telle. Milton Friedmann a dû sa passagère renommée à la résurrection de la vieille théorie monétariste. L’existence d’un rapport entre les éléments fondamentaux d’une économie (quantité de monnaie, prix, taux, activité — semble évidente. Elle l’est encore pour qui retient, comme l’enseigne Charles Gave dans un remarquable ouvrage, que l’argent a deux prix ; le taux de change, qui permet aux entreprises de choisir si elles produisent dans le pays ou à l’extérieur, et le taux d’intérêt, qui permet d’introduire le temps dans toute décision d’investissement. Le temps, c’est-à-dire aussi le risque qui lui est lié.

Les naïfs, ou les complaisants appellent au retour à la normale. Il n’y aura pas de retour àç la normale. Seule, une crise d’ampleur permettra de corriger les effets d’un « debasement » de l’économie comme peu ont été connues hors périodes de guerre. Pourquoi ?

L’explosion sociale provoquée par la facilité monétaire extravagante est un point aveugle de la réflexion actuelle. Elle est décisive. L’enrichissement sans cause est l’effet massif des « facilités monétaires » accordées par les Banques centrales sans précédent. Il est à ce jour impuni. Ceux qui ont pu capter l’argent à taux 0 pour le replacer dans des actifs à rendement élevé — par exemple ; les marchés actions — ont multiplié leur fortune dans des proportions extraordinaires. Chacun sait, ou devrait savoir qu’alors que les classes moyennes étaient laminées, les 700 premières fortunes mondiales ont plus que doublé pendant la pandémie. L’absence de réaction populaire devant un fait qui n’a de précédent que dans les régimes autoritaires et mafieux, ne s’explique que par l’intoxication massive des médias aux ordres la tribu financière et l’incapacité collective à désigner et punir des coupables.   

Maastricht hausse des riches

La conséquence la plus importante à laquelle nous faisons face est à la redistribution du pouvoir. Quand a été rendue obligatoire la troisième dose de vaccin, la capitalisation boursière de Pfizer a monté de 50 milliards de dollars en Bourse. Nous, Européens, Français, sommes peu habitués à mesurer les effets que de tels capitaux aux mains de sociétés privées peuvent avoir. Avec quelques milliards de dollars, ou d’euros, vous achetez tous les titres de la presse française que vous voulez — mais quel intérêt ?

Vous inondez les réseaux des messages en votre faveur. Vous payez les élus, les gouvernements, les ministres, pour qu’ils servent vos intérêts — et rendent obligatoire et de salut public le recours aux vaccins ou aux médicaments que vous leur vendez au prix le plus élevé, tout en vous étant immunisés contre les risques. Bref ; le racket sur l’argent public, sans aucune responsabilité pour les effets secondaires de vaccins encore au stade expérimental. Qui a parlé d’enrichissement sans cause, et racket sur les États ? Et qui a parlé de pacte de corruption au sommet de l’Union européenne ?

Le troisième impact est de conséquences plus indirectes, mais plus décisives. Nous sommes sortis de toutes les bases du libéralisme économique. Nous sommes précipités sans le voir, sans le sentir, dans un totalitarisme du capital qui n’a d’équivalent que dans les totalitarismes du XX siècle. Il faut écouter Elon Musk ; «  la concurrence est l’affaire des perdants » — entendez ; seuls les monopoles ont un sens. Il faut entendre ceux qui analysent un capitalisme de monopoles, de rentes, et de captation de l’argent public — un capitalisme qui met fin à tout ce qui s’appelait marchés, concurrence, choix du consommateur. Qui est libre de se faire vacciner ? Qui se moquait de la Chine, et de ces millions de Chinois qui portaient un masque pour marcher dans la rue ?

controle social Maastricht

Qui ironisait sur le contrôle social en vigueur en Chine, sur le suivi, le traçage numérique, la biosurveillance et la notation individuelle des bons comportements sociaux ? En quelques mois de pandémie, la plupart des pays occidentaux ont renié tout ce qui légitimait leur invocation aux « valeurs », et que reste-t-il de ces Conseils, de ces Cours, de ces juridictions qui se paraient de la vertu républicaine pour s’ériger en garants des libertés ?

Avec leurs décisions, c’est ce qui demeurait du libéralisme qui est mort, dans la sujétion rémunérée à des exécutifs corrompus. Qu’en reste-t-il de ces libertés individuelles dont l’Union se gargarise, et Mme Van der Leyen, après le Covid, les obligations vaccinales, les persécutions à l’encontre des non vaccinés, les mesures de discrimination, de dénonciation, de déportation à l’encontre des choix individuels ?

Combien ont adopté les pratiques concentrationnaires que Big Pharma leur suggérait et joué l’effet panique que prône Davos pour réduire chacun à l’obéissance ? Il est plus grave que des pays qui se voulaient libres, critiques et ouverts comme la France aient maintenu le pire de dispositions qui ne protègent de rien, sinon de la liberté des peuples. Pus grave encore que s’annonce le gouvernement des individus par traçage individuel, par puces implantées dans le corps et nanoparticules injectées — et qu’il est des élus français pour contribuer ainsi au projet de gouvernement mondial de ceux qui se croient investis d’une destinée divine, ou d’une élection providentielle.

Nous vivons à la faveur de la pandémie, la sortie du libéralisme économique pour entrer dans le totalitarisme du capital. Warren Buffett l’avait dit ; « la lutte des classes est une réalité, et nous l’avons gagnée. » Un nouveau régime d’obéissance, une nouvelle sujétion mettent fin à l’autonomie que nous croyions avoir acquise. Et toute l’emphase qui a entouré le traité de Maastricht se révèle enfin pour ce qu’elle est ; un château de sable, qui s’écroule sous l’orage et ne laisse derrière lui que les traces d’un projet évanoui, et qui ne veut rien dire.

Il faut chanter le Requiem pour Maastricht, et entamer le péan pour l’Union des Nations libres d’Europe.

Hervé Juvin

   

Catégories : Europe

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