La politique de santé et la gestion sanitaire sont du ressort des États membres de l’Union européenne. Rien de mieux qu’une bonne crise, comme celle que la pandémie de COVID19 a créée, pour permettre à la Commission européenne de se mêler de ce qui ne la regarde pas, et forcer le pas vers son idéal ; un gouvernement européen coopté, non élu, non responsable devant les électeurs et les Parlements nationaux.

Crise du Covid, crise pour tous ?

Cela s’appelle «  EU strategy for COVID-19 vaccines ». C’est un document issu de la Commission européenne, paru le 17 juin dernier, et adressé au Parlement européen, au Conseil de l’Europe, et à la Banque européenne d’Investissement. Ce document informe les institutions désignées que la Commission a décidé de se substituer aux États membres de l’Union européenne en raison de l’état d’urgence créé par la pandémie.

D’excellentes raisons ne lui manquent pas, de la gravité de la situation mondiale à la rapidité nécessaire et au rôle de leader de l’Union. La Commission s’autodésigne donc en charge de la recherche d’un vaccin contre le COVID19. Elle lance un appel d’offre aux producteurs de vaccins, au nom de l’Union européenne — « efficiency and solidarity », qui est contre ? Elle se prévaut de la louable intention d’obtenir le prix le plus bas — qui fera la compensation ? – et de jouer de l’effet de masse — les États membres n’auront rien à dire, ils devront s’aligner sur le choix de vaccins arrêté par la Commission. Le monopole de négociation dont bénéficie la Commission en matière de traités de commerce extérieur s’applique au vaccin contre le COVID19 ; intéressant développement d’un principe que les citoyens européens sont de plus en plus nombreux à contester, comme on le voit avec la ratification des derniers traités avec le MERCOSUR, le Canada ou le Mexique ! Et intéressante perspective pour ceux qui ont déjà calculé à quelles commissions pourra donner lieu un marché potentiel de plusieurs milliards d’euros !

Une si bonne intention ne saurait s’encombrer de détails de procédures, de formalités et de transparence. Pour être plus sûre d’aller vite, la Commission n’aura pas à traduire les documents d’appel d’offre et de négociation ; elle estime le délai ainsi gagné à plusieurs mois ! Elle n’aura pas non plus à rendre compte de l’avancement des négociations. La transparence, c’est pour les autres ; la Présidente de la Commission, Mme Ursula Van der Leyen, a acquis une douteuse célébrité en Allemagne pour les contrats faramineux passés au nom du ministère de la Défense, dont elle fut l’éphémère titulaire, avec des cabinets de conseil, pour l’essentiel américains ; chacun peut imaginer la fébrilité des industriels du vaccin devant la manne européenne !

« Big Pharma » en embuscade

Pour être plus sûre d’aboutir, vite et dans les meilleures conditions, la Commission n’aura pas à rendre compte du contenu de ses négociations, des prix et conditions de production du vaccin ; la transparence sera pour après, quand son choix aura été fait et qu’auront été choisis le ou les laboratoires retenus pour imposer leur vaccin à tous les citoyens de l’Union européenne, sans que leurs États aient été consultés.

Raoult Crise big pharma

Le même souhait éminent de rapidité et d’efficacité explique que quelques accommodements soient prévus avec les règlements européens ; c’est ainsi que la réglementation européenne sur les OGM, jugé trop limitative, ne s’appliquera pas au vaccin, puisqu’en effet le vaccin a toutes les chances de provenir de virus génétiquement modifiés, et que des esprits chagrins pourraient trouver à redire à la méthode et à ses conséquences pour la santé humaine. Mais, n’est-ce pas, il y a urgence à assurer les bénéfices des « big pharma » qui entendent prendre le contrôle de la santé comme du premier secteur économique de demain ! Et, pour être complet, la Commission n’oublie pas la référence nécessaire à la charité, la bonne volonté, etc. ; que ceux qui entendent déjà s’approcher les Fondations qui se montrent désireuses de contrôler la fécondité des populations en insérant des nanopuces dans les vaccins se réveillent  (les poursuites intentées dans plusieurs pays contre la Fondation Bill et Melinda Gates ne semblent pas encore parvenues aux oreilles de la Commission, pas plus que des gouvernements européens) !

Un numéro de téléphone, celui de la Commission, invite les producteurs de vaccin à répondre à l’appel d’offres européen. Beau marché en perspective, le premier au monde de cette ampleur. Chacun imagine les lobbyistes au travail, les carrières promises aux commissaires complaisants, aux députés complices. Ceux qui savent s’inquiètent ; car, s’il est un échec manifeste de l’Union européenne, dans le domaine du médicament, de l’environnement et de la justice, c’est bien de n’avoir jamais su ériger des autorités réellement indépendantes et réellement soucieuses de l’intérêt général, mais d’avoir laissé l’Union européenne occupée par des trompe-l’œil à la solde des multinationales, de Fondations ennemies des Nations européennes ou des globalistes acharnés à détruire de l’Europe tout ce qui vaut. Une agence européenne a reproduit tels quels des documents internes de Monsanto pour conclure à l’innocuité des OGM. Des juges sont complices des manœuvres de Fondations américaines. Et des commissaires ont à peine attendu leur départ de Bruxelles pour occuper des sièges rémunérateurs dans des entreprises dont ils avaient à connaître. Voilà qui suggère à tout le moins d’être attentifs, si ce n’est soupçonneux, voilà qui devrait susciter au sein du Parlement européen cette exigence majeure ; être informé, être consulté, et débattre.


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