Nous sommes en 1960. Les élèves officiers de l’École Navale naviguent sur leur navire-école. Après plus d’un mois en mer, ils attendent l’escale d’Afrique du Sud avec impatience. L’un de leurs camarades de promotion est Malgache. Les autorités sud-Africaines n’acceptent pas que l’élève officier Ratsiraka descende à l’escale, en raison des lois d’apartheid. Par solidarité, aucun des élèves officiers français ne descendra à terre. Devenu Président de Madagascar, « l’amiral » Ratsiraka, pourtant allié de la Corée du Nord, gardera toute sa vie une reconnaissance fraternelle à ses collègues français.

La France que nous aimons

C’est la France que nous aimons, la France respectée et attendue dans le monde, la France qui dit « non » à l’invasion de l’Irak, la France qui ne peut pas imaginer que les relations interraciales avaient été interdites dans certains États des États-Unis comme la Virginie… jusqu’en 1967 et le « Loving Act » ! La France de l’excellence républicaine, qui s’enorgueillit d’avoir compté Léopold Sedar Senghor parmi ses Académiciens, Houphouët Boigny parmi ses ministres, de célébrer Aimé Césaire ou Tahar Ben Jelloun, comme le Maroc célèbre Lyautey et le Mali, Gallieni venu protéger les Bambara des pillages touaregs ! Ce n’est pas la France couchée de la destruction de la Libye, complice de l’agression contre la Serbie, pliée devant les injonctions américaines contre la Russie ou le Liban. C’est la France du 18 juin, la France qui dit « non », la France de la résistance, l’alliée de tous ceux qui ne s’alignent pas. L’Europe sera-t-elle un jour de ceux-là ?

Blaise diagne la Francce
Blaise Diagne, député du Sénégal (1921)

Les attaques dont la police française fait l’objet insultent la France. Elles procèdent d’un plan bien établi ; utiliser des accidents, des exceptions, pour en faire une règle, salir une institution qu’on ne peut détruire, paralyser son action, intimider ses agents, et laisser le capitalisme criminel régner sans partage sur les ruines de l’État, de la sécurité intérieure, de la défense des citoyens. Elles sont bien éprouvées ; diviser, opposer, semer le poison de la peur ethnique, bien vite transformée en haine ethnique, a toujours servi les envahisseurs et les colons.

Elles ne manquent pas de complices ; dans les États faillis, d’Afghanistan en Syrie, de l’Albanie au Kosovo, du Congo RDC au Rwanda, le crime organisé reçoit armes, argent et passeports pour s’allier au terrorisme et à l’invasion, à l’ombre des bases américaines. Combien d’agitateurs de banlieue ont bénéficié de stages, de formations, de voyages d’études, payés par des Fondations américaines ? Elles témoignent d’une ignorance entretenue, cultivée, et désormais enseignée, de notre histoire. Faut-il rappeler la surprise ravie des soldats noirs américains venus combattre en France en 1918, surprise devant l’absence de préjugé racial des soirées parisiennes… et des Parisiennes, au point que plusieurs centaines d’entre eux ont déserté et sont restés en France !

Rappeler le rôle joué dans la Libération de la France par des soldats marocains, algériens, africains, qui savaient ce qu’ils devaient à la France libre ? Rappeler combien de musiciens noirs américains ont choisi de résider à Paris et d’y conduire leur carrière musicale, fatigués d’affronter la ségrégation raciale américaine et ses discriminations permanentes ? Évoquer ce que la carrière de quelques-uns des génies de la musique, comme Miles Davis, doit au public français ? Et oser dire que si la France est l’enfer que certains décrivent, pourquoi sont-ils si nombreux, de toute l’Afrique, à rêver de la France – et si peu à y retourner ?

Mais ils veulent faire disparaitre cette France

Nous sommes loin de ce bonheur français. Des organisations et des réseaux attaquent la France. Pas par hasard. L’État profond américain veut entraîner la France dans sa débâcle annoncée ; faillite de ses Universités, faillite de son engineering (voir Boeing et Lockeed), faillite surtout de son intelligence de la diversité du monde. La France est visée parce qu’elle est le maillon fort d’une Union européenne qui ne sait plus ce que signifie non-alignement, qui s’affole à l’idée d’être libre, a des vertiges devant l’urgence d’équilibrer le bipôle Chine-Etats-Unis, et de reprendre pied dans l’histoire du monde. Pas par hasard.

Gaston Monnerville est député de la Guyane de 1932 à 1940, sous-secrétaire d’État aux Colonies de 1937 à 1938, président du Conseil de la République de 1947 à 1958 et du Sénat de 1958 à 1968.

Son histoire, son identité, font de la France une Nation à l’aise dans le monde des Nations, à l’aise avec la diversité des peuples, des cultures et des langues — à l’aise avec ceux qui ne se soumettent pas à l’anglais ! Son unité intérieure, son identité apaisée, lui assurent des relations mutuellement confiantes avec les Nations comme elle sûres de ce qu’elles ont et de ce qu’elles veulent. Et ce n’est pas par hasard si l’unité nationale est attaquée, si l’histoire est trafiquée, maquillée, réécrite, si les mots eux-mêmes sont détournés de leur sens.

S’il est un parti indigéniste en France, c’est celui des indigènes de la République, les vrais, ceux qui sont nés en France, ceux dont la France est la patrie, ceux qui préfèrent la France à leur Église, leur temple ou leur mosquée, ceux dont le cœur bat entre Bastille et Notre-Dame comme il bat pour nulle part ailleurs, que ce soit Rome ou Washington, La Mecque ou Jérusalem ! L’esclavage, la colonisation, ont joué un rôle marginal dans l’économie française, et la France a plus gagné aux indépendances africaines, au développement de relations avec d’autres continents, qu’à la colonisation !

Parce que nous respectons la diversité des peuples, parce que nous croyons que la paix et la liberté commandent de laisser chaque peuple décider de ses lois et de ses mœurs, nous jugeons naïves les bonnes intentions de ces républicains colonisateurs, de ceux qui pensaient apporter la lumière aux « sauvages » et les guider sur le chemin de la République, de Jules Ferry à Jean Jaurès ; qui peut les juger criminelles aujourd’hui, qui peut leur refuser la sincérité de leurs intentions ?

Ces fondations qui attaquent la France

Le point est décisif. La plus grande injustice est de juger d’autres temps, d’autres peuples, d’autres civilisations, selon nos propres valeurs, qui ne sont rien d’autre que nos propres préjugés. Et c’est tous les jours que, dans nos Universités, dans nos tribunes, sur nos écrans, des procureurs s’invitent, et jugent, et condamnent, et insultent, et détruisent ! Tous les jours qu’ils refont l’histoire, comme ils refont le monde à coup d’ingérences, de sanctions, et de dollars, ce monde qui ne ressemble pas à l’idée qu’ils s’en font ! Ce faisant, ils ne mesurent pas qu’ils combattent le seul principe qui tienne face à la crise de civilisation dans laquelle nous nous enfermons, et qui est le respect de la diversité ; c’est la diversité des sociétés humaines, des lois, des mœurs, des modes de consommation, qui sauvera le monde !

Les USA arrosent les banlieues

 La plus grande menace qui pèse sur la survie de l’humanité est cette uniformisation que porte la globalisation, que porte encore plus l’administration du Bien par des ONG, des Fondations, et les multiples officines que financent les milliardaires qui veulent plier le monde à leurs intérêts. Que les mouvements qui s’en réclament portent la singularité des peuples africains ! Qu’ils inventent la forme politique dans laquelle les peuples africains trouveront leur voie, et dont nous savons qu’elle ne ressemblera pas à celle que le développement et le « Nation’s building » leur ont tracée ! Qu’ils attaquent les esclavagistes modernes que sont les passeurs de migrants et leurs financiers, ces ONG que financent les multinationales ! Et s’ils veulent se battre, qu’ils se battent contre l’ingérence américaine dans les affaires françaises ! 

Ceux qui veulent importer en France un conflit racial qui n’est pas le sien, qui n’a jamais été le sien, savent bien ce qu’ils font. Ils ne défendent ni l’Afrique ni les Français d’origine africaine, ils attaquent la République. En sapant la République laïque, ils attaquent l’unité de la Nation. En imposant à l’agenda universitaire, artistique, et bientôt politique, une question raciale qui n’a jamais été la question française, ils s’en prennent à l’universalisme français, un universalisme de la diversité qui est l’une des seules formes politiques qui tienne bon face à la grande criminalité du capitalisme déréglé, qui évite le chaos aux peuples privés d’État et qui nous protège de ces guerres ethniques, tribales ou religieuses qui deviennent, du Mali à la Palestine et de Birmanie au Soudan, l’une des clés archaïques de ce monde qui ne se dit moderne que pour ne pas voir qu’il régresse vers les haines originelles, sang contre sang, de ceux qui n’ont plus d’existence que par leur origine.

Voilà le mouvement auquel nous faisons face. Le capitalisme criminel ne s’attaque pas par hasard aux institutions, police et gendarmerie qui limitent son emprise. Ce n’est pas par hasard qu’il utilise des familles et des réseaux criminels comme porte-voix, qu’il répand l’argent de la drogue et du trafic des hommes par-dessus les frontières pour arriver à ses fins. Voilà le mouvement devant lequel se plie un gouvernement qui n’assure la domination de la minorité qui le soutient qu’en divisant et en opposant les Français. S’il devait continuer sur cette voie, il faudrait rappeler aux forces de l’ordre leur devoir citoyen, qui est de défendre la France libre.

Catégories : Société

2 commentaires

Christian Vagne · 11 juillet 2020 à 18 h 35 min

Un très bel article ! Une fois encore et/ou une fois de plus je suis entièrement d’accord avec vous M. Juvin.

    Hervé Juvin · 31 août 2020 à 11 h 07 min

    Je vous remercie

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