II est de l’intérêt de tous les Français de savoir ce qui se passe au Parlement européen, ce que font leurs représentants, ce que nous faisons. Voici en ce qui me concerne, ce que fut la première semaine au Parlement européen de Strasbourg, du lundi 1er juillet au jeudi 4 juillet après-midi.

Un élu doit rendre des comptes.

Strasbourg. Le symbole nous parle, nous Français ; c’est bien à Strasbourg, ville française et européenne s’il en est, symbole de la diversité et la complexité européennes, que s’ouvre la nouvelle session qui va nous réunir pour cinq ans.

Lundi après-midi, chacun cherche badges, carte de vote, clé du bureau… le plus dur étant de repérer le chemin qui, à travers la passerelle, conduit à son bureau. Il paraît que certains députés après six mois se perdent encore… il est vrai que le fait d’alterner presque chaque semaine entre Strasbourg et Bruxelles fond les esprits les plus agiles !

Première réunion du groupe « Identité et Démocratie ». Et premier débat ; faut-il rester assis lors de l’hymne européen, ou se lever ? La majorité des délégations, dont la délégation française, souhaite rester assis, les Italiens veulent se lever pour ménager leurs relations avec d’autres groupes, semble-t-il. Sans doute La Lega, qui participe au gouvernement, n’a-t-elle pas envie d’emblée de s’engager par un geste qui ne manquera pas d’être ressenti comme agressif, et donnera des arguments à tous ceux qui prétendent isoler le groupe. Décision est prise de ne pas décider, chaque délégation choisissant de faire ce qu’elle veut. Le soir même, ceux qui sont présents se lèvent à l’arrivée du Président Tajani, pendant qu’une petite formation joue la musique de l’hymne européen.

Hervé Juvin au Parlement européen

Le lendemain, dans l’hémicycle entièrement rempli, la scène est différente. Lors de l’hymne européen, ce sont les députés du Brexit Party qui attirent toute l’attention, en tournant violemment le dos. Le geste est d’une violence voulue, et suscite des réactions violentes des «  remainers » comme de la majorité des députés présents. Que certains restent assis, que d’autres se lèvent, devient anecdotique. La question me sera agressivement posée ; « vous ne respectez pas l’hymne européen ? “La réponse s’impose ; pour un Français dont le drapeau s’est illustré sur tous les champs de bataille, un Français pour qui la Marseillaise est le chant de la liberté, de l’égalité, de la fraternité des citoyens, l’hymne ou le drapeau d’une Union européenne qui ne sait pas repousser le fondamentalisme islamique, qui n’a pas su défendre les Serbes et disqualifier l’agression de l’OTAN, qui n’a pas réussi à régler la question de l’Ukraine, pas plus qu’elle ne sait défendre ses frontières extérieures, n’ont rien qui méritent le respect.

La question est à ce jour sans réponse ; qui est prêt à mourir pour l’Union européenne ? Suivent les élections du Président du Parlement, des vice-Présidents et des questeurs. Opaques à l’immense majorité des députés, les accords entre partis aboutissent à l’élection d’un socialiste italien. Les votes ont lieu à bulletin secret, ce qui signifie qu’après chaque vote, il faut imprimer de nouveaux bulletins, les distribuer aux 740 députés présents, les inviter à déposer leur bulletin dans l’urne, compter les votes, les annoncer, recommencer… Il faut voter, attendre une heure, revenir en séance, revoter, attendre à nouveau… Nous y serons de 9 Heures du matin à plus de 9 Heures du soir.

Rien de nouveau pour les anciens, qui ont vécu d’autres marathons. Rien que de très étonnant pour les nouveaux élus, qui découvrent les manœuvres d’appareil. Quel contraste surtout avec les discours des candidats, dont certains nous renvoient à la Guerre d’Espagne ou aux grandes heures du communisme ! Il et vrai que nous sommes encore loin du sommet atteint le lendemain matin, quand la représentante du Brexit, voisine de Nigel Farage et ancien ministre britannique comparera la sortie de l’Union européenne à la libération des esclaves !

Le Parlement vit des heures chaudes. Je ne sais pas si l’Europe en sort grandie. Nous avons cinq ans pour en décider.

Hervé Juvin, député européen, groupe ‘Identité et Démocratie’, le 7 juillet 2019


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